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CHABRIER Antonin
Auzers-Riom-ès-Montagnes
(Cantal)
1894-1979

Avec pour seuls maitres reconnus
de lui, Amédée RONGIER d'Au-
zers et Jean CHABAUD de
Moussages mais ayant appris tout
seul à jouer le violon, Antonin
Chabrier a été pendant toute sa
période de pratique active un vio-
loneux parmi d'autres de la région
de Riom-ès-Montagnes. C'est vers
la fin de sa vie, ayant continué
solitairement   la pratique d'une
musique localement tombée en
désuétude, que la découverte
inopinée de sa musique originale
au début des années 1970, stimu-
lera toute la recherche autour du
violon populaire en Massif Cen-
tral. Il est à ce jour le seul violo-
neux régional auquel un disque
solo ait été consacré (réalisé par
Pierre Boissière qui a effectué
toute une recherche sur lui). La
stylistique de son jeu de violon 
"joué avec les doigts" est sans
doute l'archétype d'une pratique
répandue sur la montagne auver-
gnate au début du siécle.   
O. Durif CRMTL 1993

«  La conservation et la transmission du patrimoine ne sont pas qu’une affaire d’archives, elle est aussi affaire d’hommes. Qu’on me permette, pour conclure, d’évoquer ici un souvenir personnel. Il a trait au violoneux auvergnat Antoine Chabrier. La musique de violon du Massif central est, pour moi, indissociable d’un long après-midi de 1973, passé en compagnie de ce paysan du Cantal. Indissociable de l’image de sa ferme isolée, du tableau qui égrenait toutes les campagnes de 14-18 dont il avait échappé par miracle et du violon, blanc de colophane, qui témoignait que ce violoneux de quatre-vingts ans repassait chaque jour la totalité de son répertoire au fil de sa mémoire. Indissociable surtout du désir inexprimé mais si palpable qu’il avait de transmettre cette musique à ceux qui venaient ainsi troubler sa solitude. Une fois transcrite, cette musique peut se réduire à peu de choses : des mélodies simples et répétitives, le piment d’un mode de sol dans une bourrée… Pourtant le charme opère et semble sourdre de cette simplicité. Mais surtout l’essentiel réside dans le style, dans cette part intranscriptible de la musique qui n’est pas que façon de faire mais aussi façon d’être. »
In Planètes Musiques, éd. IRMA, 2000 - Jean-François Dutertre

La transcription de la mélodie n’est qu’un squelette et ne peut pas permettre de la digérer.
En fait, les vraies partitions pour nous, sont les collectages que l’on possède, à écouter inlassablement, le violon en action, en ralentissant le tempo. Antonin Chabrier a un style coulé déjà considéré comme archaïque dans sa jeunesse.
Même sans la percussion des pieds, la cadence y est mais c’est une musique  assez complexe (simplicité ?).
Les jeunes apprentis violonaires allaient dans les bals écouter leurs maîtres puis de retour chez eux, jouaint de mémoire les airs entendus.
Nous avons la chance de les avoir à domicile ; profitons-en !
N’oubliez pas le disque vinyl ( en K7 aussi) des « Violoneux et chanteurs traditionnels en Auvergne) avec Louis Juillard qui pose sur la photo de noce (malheureusemnt non collecté) avec A. Gatignol, L.. Lemmet, J M. Tournadre et J. Perrier.
Possibilité de les trouver sur le web ( prix collection).
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On dit aussi : "Un peschaire, un chaçaire e un violonaire valon gaire" :langue:

Portatz vos ben e tenetz vos fiar !

Ivon


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Ma maire, quand vos m'aurietz perdut
Anetz pas me cerchar, a las bargieras
Ieu serai a la balada, bian lonh
Jugar un aer de mon violon...

Bourrée de Léon Peyrat